Dans l'antre de l'auteur : "On ne passe pas nos journées à écrire et à dessiner !"
Manon et Greg Blondin sont bientôt de retour avec un nouvel épisode de (Dé)rangée. Un album encore une fois extrêmement plaisant et qui raconte une histoire très actuelle.
Dans le nouveau numéro du Bamboo Mag, sorti ces derniers jours (et disponible partout gratuitement), les auteurs de cette série de bandes dessinées très appréciée se sont confiés à Christophe Quillien.

"Quand j’ai entamé ma vie professionnelle, je ne pensais pas à la bande dessinée."
Bonjour, Manon et Greg, merci de vous présenter aux lecteurs du Bamboo Mag !
Manon : Je m’appelle Manon, je suis
scénariste et coloriste de la série de
bande dessinée (Dé)rangée. Et, accessoirement,
passionnée par les chiens.
Greg : Je m’appelle Greg Blondin, je
suis dessinateur et illustrateur, mais je
ne suis pas spécialement attiré par les
chiens (je les aime bien quand même !).
Comment êtes-vous arrivés dans le monde de la bande dessinée ?
Greg :J’ai toujours aimé dessiner, je
me suis donc lancé dans des études de
dessin. Je suis devenu professionnel
en commençant par des petits boulots
d’illustration, puis je me suis orienté
vers la BD. Je me suis dit que c’était le
meilleur moyen de vivre de ma passion
et d’être au plus proche des lecteurs.
Manon :Quand j’ai entamé ma vie
professionnelle, je ne pensais pas à la
bande dessinée. J’ai d’abord essayé
différentes études et plusieurs métiers,
car je cherchais une activité qui
m’intéresserait, mais sans trop savoir
ce qui me plairait vraiment. Puis j’ai
découvert le métier de coloriste grâce
à Greg, et j’ai colorisé mon premier
album, ce qui m’a beaucoup plu. Et
comme j’ai toujours aimé écrire, je me
suis lancée dans l’écriture du scénario
de (Dé)rangée.

Extrait du nouveau tome de (Dé)rangée, disponible le 26 août prochain.
Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui rêvent de se lancer dans la BD ?
Manon :Aux « apprentis scénaristes », je conseillerais de lire beaucoup, de regarder des films et des séries afin de nourrir leur créativité, et de se demander pour quelle raison telle ou telle scène résonne en eux. Mais je leur dirais aussi, au risque de jouer la rabat-joie, qu’il faut se préparer aux aspects moins amusants du métier d’auteur.
C’est-à-dire ?
Manon :On ne passe pas nos journées à écrire et à dessiner !
Il faut aussi gérer les aspects administratifs, s’occuper de nos
réseaux sociaux, répondre aux e-mails, bref, être une sorte de
« community manager » de soi-même. Tout en se gardant du
temps et un espace mental pour continuer à créer...
Greg :Je les inciterais à toujours continuer de travailler et
de croire en eux, pour laisser le moins de place possible à la
chance. D’autant plus que le métier de dessinateur est devenu
de plus en plus concurrentiel, avec la démocratisation
L’arrivée de l’intelligence artificielle générative risque-t-elle de changer le travail des dessinateurs ?
Greg :Elle n’améliore pas notre situation. Quand j’ai démarré, j’ai pu gagner ma vie grâce à des petits boulots d’illustration pour des entreprises. Aujourd’hui, ces mêmes entreprises, si elles n’ont pas beaucoup de budget, vont plutôt confier ces travaux à l’IA. Heureusement, le dessin reste un univers très diversifié, dans lequel il existe de nombreux métiers différents.
À quoi ressemblent vos journées ?
Manon :Ça dépend... Quand je travaille sur une mise en couleur, je me mets en mode « production » et j’enchaîne le maximum de planches en une journée. Quand j’écris, je ne peux pas rester concentrée pendant huit heures, sinon mon cerveau risquerait d’exploser ! Je me consacre à l’écriture pendant trois ou quatre heures. Ensuite, je me sens vidée...
La suite de l'interview est à retrouver dans le numéro 94 du Bamboo Mag ! On en apprend plus sur le nouvel épisode de (Dé)rangée et sur sa création.
