Présentation : Nos coeurs de chats
Nos cœurs de chats est une œuvre qui respire la quiétude et ceci dès les premières pages. A travers ses trois volumes, la série offre une bulle réconfortante où l’on prend plaisir à suivre le récit de ces deux personnages. Mais Akari Otokawa ne cherche pas juste à créer une histoire qui se veut posée et douce pour nous apaiser. Cela s’ancre aussi dans le contexte utilisé.
Nous sommes ici dans un cadre où les protagonistes travaillent sans cesse avec les hauts et bas qui peuvent rythmer la vie dans n’importe quel job. L’artiste veut justement mettre en avant le côté éprouvant qu’il y a par moment dans le travail pour sublimer justement cette pause que notre duo va vivre une fois qu’il quitte ces bureaux.
Le parc devient une parenthèse dans le temps où ils ont l’impression d’oublier tous leurs soucis en se focalisant uniquement sur ces petits chats. On cristallise ici l’importance d’avoir ces petits instants de répit où l’on a l’impression qu’il n’y a rien d’autre que nous. Un moment où l’on peut souffler en paix et enlever ce masque que l’on peut porter au quotidien auprès des autres.
Et c’est finalement quand il quitte leur travail que Kitaoji et Kurone peuvent enfin profiter d’un moment de répit loin du tumulte des rapports humains. Une pause bien méritée en compagnie de ces chats sauvages aussi mignons que farouches qui vont leur apporter ce réconfort dont ils ont tant besoin.
Après le bureau… les chats !
Nos cœurs de chats - Akari Otokawa - Doki-Doki - Sortie le 03 juin - 7,95€

Synopsis
Après le travail, ils se retrouvent… et apprennent à se connaître au milieu des chats.
Kitaoji Mamoru, que tout le monde surnomme « le prince du service commercial », est victime de son succès : apprécié de tous, il se retrouve sans cesse à terminer les tâches de ses collègues. Un soir, en rentrant chez lui, il tombe par hasard sur Kurone, une collègue réputée froide et silencieuse, complètement métamorphosée. Entourée de chats errants dont elle s’occupe avec tendresse, la jeune femme révèle une facette lumineuse et inattendue de sa personnalité.
Au fil de leurs rencontres nocturnes, les apparences s’effacent et leurs véritables caractères se dévoilent doucement, bercés par les ronronnements des félins. Kurone accepte toutefois de partager ce secret sous une seule condition : qu’aucun mot n’en soit prononcé au bureau. En échange, elle gardera pour elle ce qu’elle a découvert sur Mamoru. Commence alors une fragile double vie, où leurs soirées auprès des chats deviennent un refuge réconfortant… mais combien de temps pourront-ils préserver cette frontière alors que leurs sentiments grandissent ?
Apprendre à connaître l’autre
Si le manga se présente comme une lecture douce et chaleureuse, Nos cœurs de chats ne se limite pas uniquement à ça. Akari Otokawa parvient, en seulement quelques chapitres, à retranscrire un certain mal-être que l’on peut ressentir dans le monde du travail et la société de façon générale. On le remarque très bien à travers le personnage de Kitaoji qui semble parfait de prime abord, mais qui n’en peut plus justement de jouer le rôle de celui qui aide constamment. Il représente cette volonté de chacun de bien paraître, mais aussi de ce que ça fait de ne pas savoir dire non à des collègues qui profitent bien trop de sa gentillesse apparente. Dans un autre registre, Kurone nous est présentée comme une jeune femme renfermée sur elle-même et qui ne cesse de recevoir des remontrances de la part de son supérieur.
Elle symbolise cette difficulté à exprimer ce que l’on ressent aux autres, notamment dans un cadre professionnel, et où le moindre échange peut nous braquer de peur de ne pas savoir comment bien réagir. Et cette image respective qu’ils reflètent va aussi impacter leur regard l’un sur l’autre. Ce n’est finalement qu’en se rencontrant en dehors de ce cadre habituel qu’ils vont apprendre à se connaître réellement. Les masques tombent et le récit bascule alors dans un slice of life où ces instants partagés sont d’autant plus précieux qu’ils sont les seuls où ils se sentent vraiment eux-mêmes. Pas besoin de se faire apprécier ou bien de bien se tenir. Juste nos deux protagonistes profitant d’une soirée dans le parc pour s’amuser avec des chats tout en avançant l’un vers l’autre pas à pas.
Un slice of life mature et bienveillant
Nos cœurs de chats a beau être une série en trois volumes, Akari Otokawa a parfaitement su écrire tout ce qu’elle souhaitait mettre dans cette histoire. Un slice of life qui s’attarde sur l’essentiel en cherchant à nous montrer l’importance de ces moments où l’on peut être nous même. Des instants où l’on s’éloigne de toute la pression sociale pour se retrouver seul ou avec ceux qui nous comprennent. En posant les yeux sur Kitaoji et Kurone, on peut facilement avoir l’impression de se retrouver en eux. Ils sont le reflet d’une part de nous qui a besoin de souffler pour apprécier pleinement la vie. Une invitation à se détendre, à apprécier le présent et aussi à ne pas faire semblant sur qui on est.
Oui, le manga est comme une douce brise qui nous réchauffe le cœur et nous donne le sourire. Mais c’est aussi une histoire qui traite de sujets bien réels où chacun peut s’y retrouver. C’est dans la sincérité qui se dégage de ses personnages que la mangaka parvient à démontrer tout son talent tout en tissant un lien qui peut faire face à bon nombre d’obstacles, mais qui n’en est que plus précieux. Le genre de manga ayant plusieurs niveaux de lecture et qui peut autant être apprécié pour son côté chill que pour la relation qui se développe entre nos personnages ainsi que les thèmes traités.

