Fils de bourge : une BD coup de poing entre révolte intime et tensions politiques
Le 29 avril 2026, Grand Angle a dévoilé Fils de bourge, une bande dessinée puissante signée Éric Stalner, qui plonge le lecteur au cœur d’une France sous tension, à la veille du Front populaire. Un récit à la fois historique et profondément humain, où la lutte des classes se mêle à un combat bien plus intime : celui d’un fils face à son père.
Un article sur cette nouveauté, rédigé par Stéphane Pétrier, est d'ailleurs à retrouver dans le dernier numéro du Bamboo Mag.

Une plongée dans la France des années 30
Direction 1936, dans une petite ville industrielle marquée par les inégalités sociales et la montée des idéologies extrêmes. François Bompierre, 17 ans, est le fils du sous-directeur d’une usine de papier, un homme autoritaire, violent et acquis aux idées fascisantes.
Dans l’ombre de ce père brutal, François subit humiliations et coups, enfermé dans un quotidien où la peur dicte les règles. Pour tenir, il s’évade mentalement, se rêvant en libellule traquée par un crapaud — une métaphore forte de son impuissance… mais aussi de son désir de liberté.
Une rencontre qui change tout
Le destin de François bascule lorsqu’il croise la route d’un groupe de jeunes ouvriers communistes. Avec eux, il découvre une autre réalité : celle de la solidarité, de la fraternité et du collectif.
Alors que les tensions sociales explosent et que la grève gagne l’usine, François s’engage peu à peu aux côtés de ceux qu’on appelle “les rouges”. Ce qui n’était qu’une fuite devient un choix. Et ce choix va le mener à affronter ce qu’il a toujours fui : son père.

Un récit entre intime et politique
Avec Fils de bourge, Éric Stalner excelle dans un registre qu’il maîtrise parfaitement : croiser les destins individuels avec les grands bouleversements de l’Histoire.
La BD explore avec finesse différents thèmes comme la violence familiale et ses conséquences psychologiques, la construction de soi face à une figure d’autorité destructrice ou l’engagement politique comme moteur d’émancipation. Ces différents niveaux de lecture donnent toute leurs forces au récit : derrière la grève et les idéologies, c’est avant tout une quête de liberté personnelle qui se joue.
Difficile de ne pas voir dans Fils de bourge un écho à notre actualité. Entre montée des tensions politiques, fractures sociales et questionnements identitaires, le contexte des années 30 résonne avec une acuité surprenante.
Mais loin d’être un simple récit historique, la BD interroge surtout une question universelle : comment se construire contre ce qui nous détruit ?
Fils de bourge propose une histoire forte, qui marque autant par son propos que par son émotion. Une lecture qui ne laisse pas indemne, et qui rappelle que parfois, les révolutions les plus importantes commencent à l’intérieur de soi.
