La Sorcière qui a changé le monde : la BD choc sur Margaret Thatcher.
Et si l’histoire politique contemporaine se lisait comme une satire acide… et terriblement lucide ? Avec La Sorcière qui a changé le monde, disponible dès le 6 mai 2026, la bande dessinée s’attaque à l’une des figures les plus clivantes du XXe siècle : Margaret Thatcher.
Un album aussi documenté que mordant, qui s’inscrit dans une tendance forte : raconter la politique autrement, entre pédagogie, narration et regard critique.

Une BD biographique percutante sur Margaret Thatcher
Dans cette nouvelle parution, Jean-Yves Le Naour dresse le portrait sans concession de celle que l’on surnommait la “Dame de fer”. Loin d’un récit figé ou académique, la BD propose une plongée vivante dans l’Angleterre des années 1970, alors en pleine crise économique et sociale.
On y découvre l’ascension fulgurante de Margaret Thatcher :
Fille d’épicier devenue figure dominante du Parti conservateur et première femme à accéder au poste de Premier ministre du Royaume-Uni. Mais surtout, l’album met en lumière une réalité plus complexe : celle d’une dirigeante qui a profondément divisé son pays, entre réformes économiques radicales et fractures sociales durables.
Une plongée dans les années Thatcher : politique, crises et décisions radicales
La force de La Sorcière qui a changé le monde, c’est sa capacité à mêler narration historique et tension dramatique. L’album revient sur les moments clés de son mandat :
Privatisations massives et démantèlement de secteurs publics, conflits violents avec les syndicats, notamment lors de la grève des mineurs
Guerre des Malouines, symbole de son autorité politique
Relation étroite avec Ronald Reagan.
À travers ces épisodes, la BD ne se contente pas de raconter : elle interroge. Quels ont été les impacts réels de ces choix ? Et surtout, pourquoi leurs conséquences résonnent-elles encore aujourd’hui ?

Une satire politique mordante dans la lignée du “Grand cirque du pouvoir”
Après Reagan, le crétin qui a gagné la Guerre froide, cet album s’inscrit dans la collection “Le grand cirque du pouvoir”, qui revisite les grandes figures politiques avec un ton à la fois ironique, critique et accessible.
Ici, Margaret Thatcher est dépeinte comme une véritable figure quasi-mythologique, une “sorcière” moderne orchestrant un gigantesque basculement idéologique.
Une approche narrative forte qui permet de rendre la politique plus incarnée, de vulgariser des enjeux complexes et surtout d’apporter une lecture critique, parfois grinçante, du pouvoir. À l’heure où les débats autour du libéralisme, des inégalités sociales et du rôle de l’État sont omniprésents, La Sorcière qui a changé le monde trouve une résonance particulière.
L’album pose une question centrale : Les choix politiques d’hier façonnent-ils encore notre monde actuel ?
En explorant les racines de certaines politiques économiques contemporaines, cette BD dépasse le simple cadre historique pour devenir un véritable outil de réflexion.


© Jean-Yves Le Naour
"Nous les montrons nus, dans leur personnalité et leur brutalité"
Stéphane Pétrier a pu échanger avec Jean-Yves Le Naour pour la sortie du dernier Bamboo Mag. Extraits de l'interview à retrouver dans son intégralité dans le numéro 93, toujours gratuit et disponible à cette adresse :
Après Reagan (le crétin), maintenant Thatcher
(la sorcière)… D’où vient cette passion pour ces
« bêtes » politiques particulièrement féroces ?
Jean-Yves Le Naour : "C’est que ces grands fauves font notre
histoire, pour le meilleur et pour le pire.
Avec ces portraits qui décapent le vernis
médiatique policé, nous les montrons nus,
dans leur personnalité et leur brutalité. Et
nous comprenons peut-être mieux leur
politique qui, plus qu’une gestion au service
du bien commun, est surtout un sacré rapport
de forces. Et je tiens à préciser que c’est Nixon qui traitait
Reagan de crétin et que ce sont les opposants à Thatcher qui
l’ont qualifiée de sorcière… moi, je n’aurais jamais osé !"
Avec l’arrivée au pouvoir de Thatcher, peuton
parler d’un point de bascule dans l’histoire
britannique et même européenne ?
Jean-Yves Le Naour : "Mondiale carrément ! Car avec Thatcher et Reagan à partir
de 1980, terminé l’intervention de l’État qui n’est plus vu
comme une solution mais comme le problème. C’est l’ère
du chacun pour soi qui commence, du capitalisme financier
où l’actionnaire commande aux entrepreneurs comme aux
politiques. Je ne pense pas que le thatchérisme appartienne
au passé."
La suite de l'interview ? Vous savez déjà où la lire. Merci à Stéphane Pétrier pour avoir recueilli ces propos.
