Article publié le 07/08/2026 par Mathieu

Le Fils de l’Ogre : une traque impitoyable dans les Cévennes.

Un enfant sauvé des eaux. Un bandit au grand cœur. Un ogre lancé à leurs trousses.

Le 2 septembre, Éric Stalner revient chez Grand Angle avec Le Fils de l’Ogre, une grande aventure historique qui nous transporte dans les Cévennes de 1743. Entre secrets de famille, poursuite impitoyable et affrontement contre un seigneur tyrannique, le destin d’un enfant pourrait bien faire vaciller toute une lignée.

Dans les Cévennes de 1743, un enfant échappe à l’Ogre

Tout commence par un geste désespéré. Cévennes, 1743. Pour arracher son bébé à la cruauté de son père, le terrible baron de Lazes, Héloïse se jette d’une falaise avec son enfant. Elle ne survit pas à la chute. Le nourrisson, lui, est miraculeusement sauvé des eaux. Son destin bascule lorsqu’il est recueilli par Guillaume-Paulin Valdéran de Langre, un noble déchu devenu bandit de grand chemin.

Sous sa protection, l’enfant grandit désormais sous un autre nom : Baptiste. Mais impossible d’échapper éternellement à son passé. Car le père de Baptiste n’est pas n’importe quel homme. Le baron de Lazes est un seigneur aussi puissant que redouté, dont la cruauté lui a valu un surnom qui semble tout droit sorti d’un conte : l’Ogre. Et l’Ogre veut récupérer son fils.

Une traque impitoyable pour retrouver l’héritier Au château de Lazes, la disparition du nourrisson est loin d’être oubliée. Bien décidé à assurer la pérennité de son nom, le baron lance ses hommes sur les traces de son héritier. Commence alors une véritable chasse à l’homme. D’un côté, Guillaume-Paulin, bandit de grand chemin mais protecteur farouche de l’enfant qu’il a recueilli. De l’autre, le baron de Lazes, tyran prêt à tout pour récupérer celui qu’il considère comme son héritier légitime. Entre les deux : Baptiste, un enfant qui ignore encore le poids de ses origines.

Mais derrière cette traque se cache un secret plus inquiétant encore. Dans l’ombre du château vit un fils aîné difforme que l’Ogre cherche à dissimuler. Un secret de famille qui donne une tout autre dimension à son obsession pour Baptiste et à son désir de perpétuer sa lignée.

Éric Stalner renoue avec la grande aventure historique

Après Fils de Bourge et les aventures croisées de Bertille et Lassiter, Éric Stalner change radicalement d’époque avec Le Fils de l’Ogre. Cette fois, direction la France de Louis XV, dans un XVIIIe siècle où chemins escarpés, châteaux inquiétants et bandits de grand chemin deviennent le décor d’un affrontement presque légendaire.

Éric Stalner y retrouve ce qui fait la force de ses grands récits : des personnages aux destins contrariés, des secrets qui remontent progressivement à la surface et une intrigue construite pour maintenir la tension jusqu’au bout. Le résultat prend des allures de grand récit de cape et d’épée, avec son noble déchu, son enfant traqué et son seigneur monstrueux. Une aventure romanesque qui évoque aussi bien l’imaginaire du Bossu que les légendes sombres entourant la Bête du Gévaudan.

Le titre pourrait laisser imaginer une créature fantastique. Pourtant, dans Le Fils de l’Ogre, le monstre est bien humain. Le baron de Lazes ne possède ni crocs ni pouvoirs surnaturels. Son surnom vient de sa brutalité et de la peur qu’il inspire à ceux qui l’entourent. Une figure presque mythologique qui permet à Éric Stalner de faire se rencontrer le récit historique et les codes du conte.

Face à lui, Guillaume-Paulin incarne une tout autre forme de marginalité : celle d’un noble tombé en disgrâce devenu bandit, mais capable de risquer sa vie pour protéger un enfant qui n’est pas le sien. La confrontation dépasse alors la simple opposition entre un héros et un tyran.

Elle pose une question beaucoup plus intime : qu’est-ce qui fait véritablement un père ? Le sang, le nom… ou celui qui choisit de protéger un enfant ?

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