Dans l'antre de Derek Laufman : "Je peux jouer à « être Dieu », et c’est un plaisir incomparable !"
À l'occasion du Bamboo Mag n°93, nous avons eu la chance d'interviewer Derek Laufman (Le Trésor des Terres de Ruines, Duncross et désormais La Forêt de Wickerson). Animation, jeu vidéo, illustration, bande dessinée... Le Canadien Derek Laufman sait tout faire !
Cet amateur
de Garfield, de Hägar Dünor et du Hellboy de Mike Mignola est le créateur de l’univers de la Forêt de
Wickerson, imaginé à l’occasion d’un défi intitulé « Inktober » mais aussi des albums Le Trésor des Terres
de ruines et Duncross. Rencontre avec un auteur aussi modeste que talentueux, qui profite de cet entretien
pour donner quelques conseils aux lecteurs de Bamboo Mag souhaitant se lancer dans la BD. Extraits choisis.

© Derek Laufman
Un créateur de héros pas comme les autres
Bonjour Derek, peux-tu te présenter aux lecteurs de Bamboo Mag ?
Je m'appelle Derek Laufman, je suis dessinateur de bandes dessinées et illustrateur depuis plus de vingt-cinq ans. Je vis au Canada, à London, dans la province de l'Ontario.
Quels auteurs t’ont le plus influencé ?
Mignola a toujours été une influence majeure. Il a été l’un des premiers scénaristes/dessinateurs à me faire comprendre qu’il était possible de construire un univers personnel, alors qu’en Amérique du Nord, la plupart des BD sont réalisées par des équipes d’auteurs. Jeff Smith, l’auteur de Bone, m’a aussi marqué. Ils m’ont donné la possibilité de créer mes propres livres, mais il m’a fallu de nombreuses années avant de trouver le courage de le faire.
À quoi ressemble ta journée de travail ?
Je suis plus productif le matin, et je travaille de 9 h à 12 h 30. Après ma pause-déjeuner, je reprends de 13 h 30 jusqu’à ce que les enfants rentrent de l’école. Je ne travaille plus le soir, mais il m’arrive de le faire le week-end, le matin, pour rattraper mon retard ou m’occuper de projets personnels.
Quel conseil donnerais-tu à un adolescent qui aime dessiner et souhaite se lancer dans la bande dessinée ?
Je lui suggérerais d’abord de lire le livre de Scott McCloud, L’Art invisible. Mais le plus simple est de commencer à inventer des BD, sans avoir peur de ses erreurs, car on apprend beaucoup plus vite en pratiquant. J’ai attendu quarante ans avant de créer mes propres bandes dessinées, et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt !

Tu es à la fois auteur de BD et illustrateur. Laquelle de ces deux activités préfères-tu ?
La bande dessinée est plus chronophage, mais elle est aussi plus gratifiante. Rien ne me procure autant de plaisir que de travailler sur mes histoires, car je peux jouer à « être Dieu », et c’est un plaisir incomparable ! J'aime considérer mes personnages comme des acteurs, et j'ai le pouvoir de les faire s’exprimer à travers mes dialogues.
Dans la Forêt de Wickerson a d'abord été publié sous le titre La Sorcière de Wickerson. En quoi ce nouvel album est-il différent ?
J’ai utilisé de nouvelles couleurs et je suis passé d’un format carré à celui, plus large, d’un album traditionnel. Cela m’a permis d’étoffer les scènes et de donner plus de vie à l’histoire. J’ai aussi ajouté deux récits courts, écrits et dessinés pour l’occasion. Mon but a toujours été de raconter de nombreuses histoires inspirées par cet univers, et je suis heureux d’avoir enfin pu donner naissance à ma vision originelle.
Propos recueillis par Christophe Quillien.
L'interview complète est à retrouver dans le Bamboo Mag n°93 !

Au cœur de la forêt de Wickerson, chaque racine raconte une histoire… et chaque souvenir peut devenir une épreuve.
Torben Gerbille en connaît le moindre recoin. Toute sa vie, il a arpenté ses sentiers, observé ses mystères, affronté ses dangers. Devenu un vieux conteur, il consigne désormais ses aventures dans un grimoire précieux, entre mémoire intime et légende vivante.
À travers trois récits marquants, dont celui, bouleversant, où il osa défier l’ogresse de Wickerson pour sauver son fils, Torben nous entraîne dans une forêt aussi fascinante qu’impitoyable. Entre passages cachés, créatures redoutables et rencontres inattendues, se dessine le portrait d’un héros discret… dont le courage n’a rien de petit.
