Article publié le 08/10/2026 par Mathieu

La vérité de Pinocchio : l'histoire qui a inspiré Disney

On croyait tout savoir de Pinocchio : le nez qui s'allonge, le ventre de la bête marine, la fée, le vœu enfin exaucé. Avec La Vérité de Pinocchio, en librairie le 28 octobre chez Grand Angle, Loïc Malnati reprend le conte précisément là où tout le monde le referme.

Et il pose une question que l'on n'avait jamais vraiment osé formuler : et si le plus difficile n'était pas de devenir quelqu'un d'autre, mais d'accepter ce que l'on est ? Une fable sombre et somptueuse, à laquelle prêtent leur talent Béatrice Tillier et Masbou.

Quand le conte de fées s'arrête, l'histoire commence

Pinocchio vient de réussir l'impossible. Il a tiré Geppetto des entrailles d'un requin gigantesque et, pour la première fois de sa courte vie, il a agi en être responsable. Il en est persuadé : cette fois, il est devenu un vrai petit garçon. Il est enfin « quelqu'un ».

Mais le vieux menuisier meurt peu après, et avec lui disparaît le seul regard capable de faire de cette marionnette un enfant. L'illusion se brise d'un coup. Pinocchio n'est toujours qu'un pantin de bois, que l'on jette bientôt comme un objet devenu inutile.

C'est au pied d'un arbre mystérieux qu'il échoue. Et cet arbre se met à l'interroger. Commence alors un long dialogue qui oblige Pinocchio à revenir sur tout son parcours : sa naissance dans l'atelier de Geppetto, ses mensonges, ses rencontres avec le Chat et le Renard, avec la Fée aux cheveux bleus. Autant d'épreuves qui semblaient le rapprocher de l'humanité, et qui l'ont pourtant éloigné, pas à pas, de sa véritable nature.

Le titre prend alors tout son sens. Cette « vérité » n'est pas celle qu'on attend d'un garçon dont le nez trahit chaque mensonge. C'est celle qu'il doit enfin regarder en face : pour devenir quelqu'un, Pinocchio devra d'abord accepter ce qu'il a toujours été. Loïc Malnati ne signe donc pas une énième adaptation, mais une relecture du mythe, qui part du récit de Collodi pour aller beaucoup plus loin.

Un Pinocchio loin de Disney, au plus près de Collodi

Tout le monde connaît l'histoire de cette marionnette taillée par un menuisier nommé Geppetto, qui prend étrangement vie avant de devenir un vrai petit garçon. On connaît moins son origine. Les Aventures de Pinocchio paraissent en 1881 sous la plume de Carlo Collodi, un écrivain austère qui, dit-on, n'aimait guère les enfants. Le texte original est une œuvre sombre et satirique, qui montre sans fard la violence de l'enfance et celle de la société italienne du XIXe siècle.

Le temps et les adaptations successives ont pris beaucoup de libertés avec ce conte. La plus célèbre, le dessin animé de Walt Disney sorti en 1940, en a gommé la part d'ombre et la complexité. C'est cette version édulcorée qui a bercé notre enfance, et c'est précisément d'elle que La Vérité de Pinocchio s'éloigne. Grandiose et déroutant, l'album renoue avec la noirceur du récit d'origine pour en tirer une fable profondément actuelle, sur ce que nous sommes et ce que nous croyons être.

Pour porter ce projet, Loïc Malnati s'est entouré de deux grands noms du neuvième art. Béatrice Tillier et Masbou, le dessinateur de la série De Cape et de Crocs, participent à cette création à six mains. Le résultat est un univers graphique sans équivalent, peuplé de pantins et de mécaniques, où chaque planche prolonge le trouble du récit. Un choc esthétique autant qu'émotionnel, qui devrait marquer la fin d'année de Grand Angle.

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