Article publié le 05/04/2026 par Mathieu

Le Goût du métal : Bruno Duhamel explore la quête du trésor… et celle du sens.

Sortie ce 1er avril, Le Goût du métal marque le grand retour de Bruno Duhamel avec une bande dessinée profondément ancrée dans son ADN : une chronique sociale, humaine et sensible, portée par des personnages imparfaits et terriblement vrais.

Mais cette fois, il y ajoute une dimension inattendue : le phénomène du détectorisme. Et derrière cette pratique en apparence anodine… se cache un véritable terrain de tension.

Une BD sur le détectorisme…mais surtout sur l’obsession et la survie

Le point de départ pourrait sembler presque anecdotique : chercher des objets métalliques enfouis dans le sol, à l’aide d’un détecteur. Mais Bruno Duhamel ne s’arrête jamais à la surface.

Avec Le Goût du métal, il s’empare d’un sujet contemporain encore peu exploré en BD — la chasse aux trésors moderne — pour en faire un miroir des fractures sociales : loisir populaire VS protection du patrimoine / rêve d’enrichissement VS réalité précaire / liberté individuelle VS règles collectives. En creux, ce n’est pas tant l’or que cherchent les personnages… mais une forme de salut.

Léo et Gabriel : deux visions du monde qui vont s’entrechoquer

Au cœur du récit, deux trajectoires opposées. Léo, jeune homme sans emploi, vivant du RSA. Il incarne une génération en perte de repères. Hébergé par sa sœur qui lui impose un ultimatum, il voit dans le détecteur de métaux une échappatoire. Pas juste un hobby. Un dernier espoir. Il ne cherche pas seulement un trésor : il cherche une raison d’exister autrement.

À quelques kilomètres de là, Gabriel vit dans une logique inverse. Historien obsessionnel, il consacre sa vie à protéger les vestiges du passé. Pour lui, les détectoristes ne sont pas des passionnés…mais des pilleurs. Et contrairement à Léo, il n’est pas dans la survie. Il est dans la mission.

Bruno Duhamel : un conteur du réel, sans cynisme

Si vous avez lu Jamais, Le Voyage d’Abel ou Nouveau contact, vous retrouverez immédiatement ce qui fait la force de Duhamel : une écriture profondément humaine des personnages cabossés mais jamais caricaturaux une capacité rare à parler de sujets lourds avec délicatesse Mais ici, il va plus loin. Il injecte une dimension quasi thriller dans une chronique sociale. Le lecteur avance avec une forme de tension sourde : jusqu’où chacun est prêt à aller pour défendre sa vision ?

Ce qui rend Le Goût du métaparticulièrement intéressant d’un point de vue narratif, c’est son double niveau de lecture : Niveau 1 : l’histoire, une quête, un conflit, une montée en tension. Niveau 2 : la symbolique, le métal devient une métaphore du passé qu’on exhume et des illusions auxquelles on s’accroche. Et la vraie question n’est pas : “Est-ce que Léo va trouver un trésor ?” Mais plutôt : “Qu’est-ce que cette quête va leur coûter ?”

Vous pouvez retrouver un article sur Le Goût du Métal écrit par Stéphane Pétrier dans le dernier numéro du Bamboo Mag !

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