Son of a Gun ou comment désacraliser les légendes de l'Ouest !
Avec des décennies de publications, on pourrait se dire qu'on commence à tout connaitre des bandes dessinées sur le Far West. Leurs plans de paysages désertiques mais magnifiques, leur tension palpable croissant au fil des pages et leurs héros implacables.
Mais est-ce que tout ceci ne serait pas trop beau pour être vrai ? Après le débunkage de la bande de Tiburce Oger, voici celui – plus humoristique – de Philippe Pelaez, dans Son of a Gun ! !
Manier la fourberie plus vite que son ombre
Un cowboy, une chasseuse de prime, un nain et une chèvre entrent dans un saloon...
Ne cherchez pas la blague, il s'agit là d'une affaire sérieuse de course aux billets en plein Mexique des pistoleros regroupant tout ce beau monde !
Dans la bande dessinée Son of a Gun !, le scénariste Philippe Pelaez et le dessinateur Sébastien Corbet reprennent tous les éléments des westerns classiques pour les écorner avec un délicieux humour noir. Une approche des fines gâchettes et de leurs duels au soleil plus proche de celle de Sergio Leone dans Le Bon, la brute et le truand et de bien d'autres westerns spaghettis que de celle des justiciers de l'Ouest hollywoodiens.

Son of a gun ! : Parodie ou pastiche ?

Mais alors, Son of a Gun !, BD parodique ou pastiche ? Laissons la parole à Philippe Pelaez, le sémillant scénariste dont ce n'était pas le premier western en bande dessinée mais qui souhaitait revenir au genre en y infusant une bonne dose d'humour :
"Il y a une différence fondamentale entre ces deux notions,
auxquelles on peut même ajouter une troisième, celle de plagiat.
La parodie (étymologiquement “chanter faux”) est l’imitation
avec une fonction satirique et burlesque (donc exagérée), alors
que le pastiche (qui vient de l’italien pasticcio, “pâté”), terme
légèrement péjoratif, est lui aussi une imitation, beaucoup plus
fidèle à l’original, mais avec des visées plus générales.
Par exemple, Mars Attacks! (Tim Burton, 1996) est à la fois une
parodie du film Independence Day (Roland Emmerich, 1996) et
un pastiche des films d’envahisseurs des années 1950, tandis
que Y a-t-il un pilote dans l’avion ? (Jim Abrahams, David &
Jerry Zucker) est, lui, un pastiche des films catastrophe des
années 1970. On pourrait également citer le réalisateur Mel
Brooks, spécialiste de la parodie, avec son hilarant Spaceballs
(1987), parodie de Star Wars. Il y en a pléthore !
Le pastiche assimile un genre et le régurgite, parfois sérieusement,
tandis que la parodie cible et détourne une oeuvre en particulier.
Il est intéressant de souligner qu’il existe en France une loi sur le
droit d’auteur, celle du 11 mars 1957, qui autorise ce mode de
traitement, puisque “lorsque l’oeuvre a été divulguée, l’auteur
ne peut interdire la parodie, le pastiche et la caricature, compte
tenu des lois du genre”. Alors disons que Son of a Gun ! est un
pastiche des films de western, mais aussi une parodie de La
Trilogie du dollar de Sergio Leone."

Kentucky McBride, chasseur de primes sans scrupules au sens de la
punchline affûté, se fait élire shérif d’une ville qu’il vient de braquer,
élimine ses complices, encaisse la prime… et se lance à la poursuite du
dernier voleur en cavale. Mais rien ne se passe comme prévu et quand
une chèvre devient la clef d’un trésor volé au président du Mexique,
l’aventure bascule dans une course poursuite insensée !
Un western complètement à l’Ouest, drôle et bourré de références…
quelque part entre Sergio Leone, Tarantino et… Louis de Funès !